Les précommandes de l’iPhone 5C ont débuté sur le site d’Apple, et les prix sont sans appel : 599€ pour le modèle 16 Go et 699€ pour le modèle 32 Go. On notera ainsi une première disparition : le modèle 64 Go est aux abonnés absents, et réservé au porte-étendard de la marque, le 5S, qui ne sera pour sa part ouvert aux commandes qu’à partir du 20 septembre. Or, qu’est-ce que le 5C, sinon une version redesignée du 5 ? En effet, ce dernier a purement et simplement disparu du catalogue, qui ne compte plus que trois modèles : 4S, 5C et 5S. On peut dès lors se demander pourquoi cette nouvelle version, certes un peu moins chère que l’iPhone 5 (de 80€ environ), ne bénéficie pas d’une option 64 Go…

En tournant le dos au low cost, Apple fait un pari qui pourrait s’avérer payant

En revanche, une chose est certaine : Apple a fait un choix stratégique très intéressante en « inventant » le 5C. En effet, plutôt que de continuer à vendre le 5 dans une grille tarifaire revue à la baisse, il propose un « nouveau » modèle, qui pourrait donc attirer un public qui souhaite acquérir un modèle de l’année, sans débourser pour autant les sommes demandées par le 5S. De plus, en tournant le dos au low cost, la marque fait un pari osé mais qui pourrait s’avérer payant, celui d’une marque haut de gamme qui refuse d’offrir des produits de moins bonne qualité. Le 4S, qui reste assez onéreux, est cependant offert lors de la souscription d’un abonnement.

Évidemment, cette politique ne fait pas le jeu des analystes : la finance attendait un modèle peu cher, pour attaquer de façon plus frontale le fameux marché asiatique, fort d’une population immense mais aux revenus souvent modestes ; les technophiles appelaient de leurs voeux un modèle « révolutionnaire », ou en tout cas beaucoup plus performant que le Galaxy S4. La qualité, ici, ne prime donc pas, seule la quantité (de vente, de transistors, de pixels, de Go…) est prise en compte.

Quand l’iPhone 5 est sorti, beaucoup lui ont reproché son manque d’innovations

Pourtant, qu’on se souvienne de l’année dernière, quand l’iPhone 5 est sorti et n’a pas eu l’heur de plaire aux critiques qui lui reprochaient – déjà – son manque d’innovations, voire ses défauts rédhibitoires : écran pas suffisamment élargi, appareil photo de « seulement » 8 Mpx, voile pourpre apparaissant sous certains angles en contre-jour, connecteur lightning incompatible avec les précédents accessoires, carte nanosim allant à contrecourant… Et pourtant, un an après, si l’on regarde simplement les chiffre, on s’aperçoit qu’il s’est vendu plus de 57 millions d’iPhone 5, donc plus de cinq millions dans les deux premiers mois (et même deux millions précommandés dès le premier jour !).

Certes, le 5C n’est pas un nouveau modèle, et il y a fort à parier qu’il ne se vendra pas aussi bien, mais il faut sans doute laisser un peu de temps avant de se lancer dans une analyse critique, pour éviter de tomber dans les mêmes travers que les années passées. Apple doit à présent compter avec un vigoureux concurrent qui lui volé la première place dans les ventes, Samsung connaissant un succès remarquable avec sa gamme Galaxy, mais conserve cependant l’avantage de la maîtrise totale de son écosystème informatique : le matériel est standardisé, les logiciels sont contrôlés, et ce manque de liberté tant décrié par certains a pour avantage absolu d’assurer une stabilité dont aucun autre concurrent ne peut se targuer aujourd’hui. La qualité a un prix, ce n’est pas nouveau, mais chaque année, la presse et certains analystes semblent l’oublier.