Hipstamatic 175L’année 2010 aura été riche pour les amateurs de photos sur iPhone, si riche d’ailleurs que le néologisme d’iphoneographie a fini par faire partie du langage de quelques happy few pour commencer pour bientôt entrer dans le vocabulaire plus courant. La raison de cet engouement est fortement lié à la qualité des applications fonctionnant sur l’appareil d’Apple, créant une offre bien plus riche et variée que tout ce que l’on a pu connaître jusqu’à présent sur un appareil portable, et un téléphone de surcroit ! Cela méritait bien de revenir sur les douze derniers mois pour saluer la qualité des acteurs de ce marché en pleine ébullition.

1. Au début, fut l’appareil photo…

Tout à commencé, en ce qui me concerne, par la découverte coup sur coup de deux applis « fondatrices » : la française lo-mob pour commencer, sortie en novembre 2009 et Hipstamatic, bien évidemment, datant du mois suivant. Mine de rien, ces deux applis ont marqué les esprits, tout comme leur doyenne, Camerabag dont la naissance remonte au 20 septembre 2008 !

Lo-Mob

Lo-Mob aura marqué 2010 avec ses 39 filtres vintage

Lo-mob m’a ouvert les yeux sur les possibilités de traitements offerts par l’iPhone, moi qui n’avais jusqu’alors utilisé que Photoshop pendant des années, pour améliorer mes clichés. Et voilà qu’Hipstamatic permettait de retrouver les joies simples de la photographie « point & shoot » qu’on avait oubliées avec la course aux megapixels, au stabilisateur et au zoom optique x64… Hipstamatic nous rappelait que le plus important dans une photo, c’est le sujet, c’est-à-dire l’histoire qu’on raconte, et non pas la clarté cristalline en grossissement maximal. Et que le supplément d’âme naissait aussi d’un filtre, qui transmet l’état d’esprit, nostalgique (avec ces pellicules vintage), artistique (les noirs et blancs si nombreux sur l’App Store) ou joueur (on ne compte plus les exemples de filtres divers et variés). De quoi redonner leurs lettres de noblesse aux photos floues de notre enfance, à des années lumière de ces clichés « tolérance zéro », de ces photos faites dans le culte de la perfection, de ces tirages nés d’un appareil aux réglages aussi savants qu’hermétiques au néophyte. L’App Store le clamait haut et fort : prendre une photo n’a rien de sorcier. Et obtenir une photo réussie n’est que l’affaire d’un tout petit peu d’entrainement, d’envie et d’inspiration du moment.

ClassicToy

ClassicTOY, étonnant appareil qui fait jeu égal avec Hipstamatic

Et 2010 allait être placée sous le signe de l’appareil photo, classique ou vintage, simple ou complexe. A commencer, dès le mois de février, par l’arrivée de Cross Process, excellente petite sœur de ShakeItPhoto de Banana Camera Co. et qui permet de régler précisément les effets appliqués à l’image, pour une sorte de « super ShakeItPhoto », d’inspiration Polaroid moins évidente, mais tout aussi riche et chaleureuse. L’année « pola » s’affirmait donc, et en mars et avril, Misskiwi nous offrait deux magnifiques applis, ClassicTOY et ClassicINSTA, aussi esthétiques qu’efficaces, dignes d’Hipstamatic, et dotées d’une démarche commerciale moins évidemment mercantile. Au fil des mois, ClassicTOY n’a fait que s’améliorer, jusqu’à proposer un nombre de pellicules et d’objectifs à faire pâlir de jalousie la concurrence. Et fin avril, Polaroid, via Pente Group, faisait entrer l’appli officielle… Dans un premier temps au grand désespoir des amateurs déçus par des fonctions et une résolution des plus réduites, mais vers la fin de l’année, tout est rentré dans l’ordre et Polaroid Instant Cam peut trôner fièrement dans son applithèque aux côtés de ShakeItPhoto.

Instagram

Instagram, gratuit et efficace, mais pas totalement convaincant

En octobre, Instagram a fait son apparition, ravissant nombre d’utilisateurs sans pour autant satisfaire pleinement nombre d' »iphoneographes », voyant d’un mauvais œil la résolution réduite (en dépit des mises à jour successives) et avec suspicion ce nouveau réseau social, augmentant une offre déjà pléthorique. Force est de constater, pourtant, qu’Instagram propose de beaux effets et est soutenu par une communauté des plus dynamiques.

Fotomecha

Fotomecha bénéficie d'une esthétique très réussie

On notera enfin l’arrivée de deux appareils inspirés des « Action Samplers », permettant de capturer plusieurs images en rafales pour les réunir sur une même image. Tout d’abord Andigraf, inspiré directement par Hipstamatic, à la fois fun et efficace, et Fotomecha, notre appli préférée dans le genre, notamment pour son habillage très réussi, sa prise en main des plus ergonomiques, et enfin ses filtres, directement tirés de sa grande sœur PhoneGrafer. Une vraie réussite qui avait trôné au sommet de notre comparatif dédié à ces appareils.

HDR Fusion

HDR Fusion : une interface épurée mais une rapidité étonnante !

Enfin, on notera l’émergence d’un petit éditeur étonnamment dynamique, Cogitap, qui nous a proposé deux petites perles d’appareils cette année : le premier, Slow Shutter Cam, permet de simuler de façon très réaliste l’ouverture longue du diaphragme, et s’est nettement améliorée après avoir reçu l’électrochoc de la prometteuse Magic Shutter, qui ne convainc pas encore totalement (mais l’annonce d’une résolution améliorée pourrait changer la donne). Ensuite avec l’étonnante HDR Fusion, qui permet de créer de tels clichés avec une vitesse absolument phénoménale, enterrant sans problème les deux ténors du genre, TrueHDR et Pro HDR. Si ces dernières conservent l’avantage pour ce qui concerne le traitement (réglage de la saturation, notamment), libre de les conserver et d’utiliser Bracket Mode, la troisième (en fait la deuxième d’un point de vue chronologique) appli de Cogitap, HDR Fusion sans la fusion : elle permet d’obtenir les deux clichés à différentes expositions qui seront utilisés dans l’appli de son choix… L’année 2011 devrait voir ces trois applis améliorées, puisque Slow Shutter Cam est en cours de réécriture, et que HDR Fusion pourrait très bien devenir encore meilleure, notamment en utilisant trois clichés au lieu de deux, ce que sa rapidité phénoménale lui permet d’envisager.

2. Puis vinrent les effets

Les effets font partie de l’App Store depuis bien longtemps, notamment depuis l’arrivée de Camerabag comme nous le notions plus haut, et 2010 n’aura pas été avare de ce côté-ci non plus.

PhotoTropedelic

PhotoTropedelic ou le psychédélisme sur iPhone

Dès le 15 janvier, l’étonnante PhotoTropedelic faisait une entrée délirante dans nos applithèques, appliquant un effet inédit autant que coloré à nos clichés, capable ainsi de transformer une image banale en ode à Woodstock. Il faudra d’ailleurs attendre le mois de septembre pour que Percolator propose un traitement aussi original et radical, en faisant de nos photos des mosaïques circulaires du plus bel effet. Enfin, en octobre, c’est Decim8 qui décidait d’explorer la destruction numérique de nos photos, une appli aussi originale qu’extrême. Les amateurs de dessin au trait avaient découvert, à la toute fin 2009, une appli gratuite vraiment intéressante, uSketch, à la fois simple, généreuse en effets et très efficace. A (re)découvrir en cette fin 2010 !

Film Lab

Plus de 350 effets, une sacrée performance signée Film Lab

Les effets ne sont pas toujours aussi excessifs, et peuvent se montrer incroyablement riches, à l’image de l’incontournable Film Lab, collection d’innombrables effets inspirés des pellicules les plus célèbres et permettant de métamorphoser ses clichés, entre noir et blanc ou sépia pleins d’émotions, ou couleurs en tous genres, du Polaroid 600 au Kodak Gold en passant par les Agfa et Fujifilm. Et c’est un vrai plaisir de naviguer ainsi, en passant de marque en marque ou d’année en année, à la recherche de pellicules « froides », « désaturées », « vintage »…

ColorBlast!

ColorBlast! est la seule capable de détrôner Color Splash

Enfin, si Color Splash!, sortie en 2009, continue à se placer régulièrement en première place des applis photos, ColorBlast!, apparue mi juillet, s’avère être la rivale la mieux placée, parmi une horde de concurrentes dont la plupart se contente de copier (souvent mal) le principe de l’appli originale. On citera cependant aussi MonoColorme, qui utilise la technique d’Iris Photo Suite pour une rapidité de sélection incomparable.

3. Retouches et montages

Modifier l’esthétique des images en leur appliquant divers filtres est une chose, les travailler au corps à la façon de Photoshop en est une autre.

Les masques dans Filterstorm

La sélection des masques de FilterStorm est puissante et ergonomique

Si Photogene puis Photoforge ont dominé l’App Store depuis des années, deux petites nouvelles ont fait une apparition remarquée cette année, le 1er avril pour la japonaise Filterstorm, et le 12 juillet pour Iris Photo Suite. Toutes deux apportent une gestion puissante des calques et des masques, enrichissant les possibilités offertes au prix d’une prise en main un peu plus délicate. Mais le jeu en vaut la chandelle tant les résultats peuvent être précis !

Touch Retouch

TouchRetouch propose un outil tampon impressionnant d'efficacité et de précision

Et il ne faudrait pas oublier (comme je l’ai fait !) l’excellente appli TouchRetouch, permettant d’effacer les détails gênant sur une photo (comme un poteau électrique, un sac poubelle…) sans aucun effort. Et la dernière mise à jour a permis d’ajouter un outil tampon hérité de Photoshop pour des corrections encore plus précises ! Un véritable incontournable qu’il aurait été dommage d’oublier dans cette rétrospective !

Diptic

Diptic est l'un des phénomènes de l'année 2010

2010 est également l’année du montage photo. Si Photo Wall Pro, qui nous sert très régulièrement à mettre à jour le bandeau de ce site remplit pleinement son office à défaut d’être foncièrement incontournable dans toute applithèque, on ne peut que conseiller chaleureusement Phoster, qui permet de créer très simplement de petits flyers, cartes postales et autres invitations à l’aide de très nombreux canevas intégrés et régulièrement mis à jour. Mais l’année aura définitivement été marquée par l’entrée en jeu du phénomène Diptic, appli permettant de créer des montages de 2, 3 ou 4 photos et qui a fait naître une véritable communauté sur Flickr et Twitter. Rares sont les applis à parvenir à réaliser ce tour de force, et la rencontre entre un public conquis et un développeur à l’écoute explique beaucoup de choses. Diptic reste certainement l’une des vraies découvertes de l’année pour tout iphoneographe.

4. L’iphoneographie toujours plus sociale

Si Facebook et Flickr ont longtemps été les reines du partage de photos, et que Flickr continue d’héberger la plupart des groupes importants dans le genre, on doit tout de même saluer bien bas la naissance du site allemand EYE’EM, qui seul nous permet de nous plonger avec délices, simplicité et bonheur dans la richesse de l’iphoneographie, grâce à ses flots de photos nous permettant de passer d’auteur en auteur, de coup de cœur en commentaires, de s’abonner au fil de ses artistes (amateurs ou professionnels) favoris, pour une expérience unique en son genre.

Eye'Em

EYE'EM : le meilleur réseau social pour la photographie ?

Unique et des plus réussies, puisqu’un premier livre a déjà été édité par EYE’EM renfermant les meilleurs clichés réunis dans les premiers mois et exposés à Berlin. On ne peut qu’inviter les amateurs de photos à se laisser porter par l’inspiration naissant sur ce site, pour un voyage qu’on ne peut regretter. Et les plus impatients pourront suivre, chaque semaine, la sélection des meilleures photos sur le blog du site.

2010 aura été une année riche pour quiconque aime la photographie sur iPhone, et l’on peut être certain que 2011 le sera tout autant, le nombre d’applis et de sites dédiés ne faisant que s’améliorer et croitre. Bref, tout pour passer une excellente nouvelle année placée sous le signe de l’iphoneographie !

(c) icommephoto.com