Gérant de Digital Graffic et de Pixels Art Galerie, Jérôme Béluze est à l’origine d’un « exploit » en France : inviter l’iphoneographie au sein d’un festival de la photographie ! Ce passionné d’image, de retouche et donc de numérique était sans doute le mieux placé pour offrir un écrin de luxe à une démarche artistique que nous essayons d’imposer auprès du public sous ses formes les plus diverses.

Pouvez-vous nous parler de Digital Graffic ?

Digital Graffic est un atelier d’impression grand format que nous avons créé avec mon épouse en 1997. Nous étions emballés par l’arrivée de nouvelles technologies d’impression numérique grand format,  – qui pourtant à l’époque n’en étaient qu’à leurs débuts – et certains que ces techniques deviendraient incontournables. Nous nous sommes orientés du début vers la communication événementielle et la PLV. Mais très vite, les tirages pour expositions sont venus enrichir notre offre. Nous avons développé en plus de l’impression, de nombreux systèmes d’accrochage et concepts supports pour présenter les tirages quels que soit les environnements.

En 2009, et suite à la production d’une exposition autour des créations de Diane Tell, Digital Graffic a lancé Pixels Art Galerie, un espace de promotion exclusivement dédié aux nouvelles pratiques de la photographie et l’exploitation des technologies photo numériques. Aujourd’hui, Pixels Art Galerie représente une vingtaine d’artistes avec lesquels nous collaborons régulièrement. Pixels Art Galerie n’est pas un énième site de vente de photos – il y en a que trop sur internet -, nous avons plus pour vocation la promotion des artistes et de leurs créations par le biais de montage d’expositions, ou création d’événements, que nous proposons clés en main à la location aux mairies, médiathèques, musées, entreprises… Aujourd’hui, après 15 ans d’activités, et quelques générations d’imprimantes plus tard, tout notre atelier est tourné vers les tirages artistiques – plasticiens ou photographiques – et à la création ou la production d’expositions.

Êtes-vous photographe ?

Non, je ne suis pas photographe, j’ai à la base une formation graphique et artistique, mais j’ai commencé très tôt à travailler en atelier de sérigraphie, puis en création graphique et technique, apprenant les process de restitution de la couleur et les différentes techniques de production. Le développement du numérique a bien sûr bouleversé l’ensemble du monde de la reprographie, me poussant à découvrir, apprendre et maîtriser les nouveaux outils. En parallèle de mes différents emplois, je n’ai jamais vraiment cessé de dessiner ou créer des graphismes à titre personnel. Dès l’arrivée des premiers reflex numériques, je me suis tourné en complément vers la photo, mais mon envie d’interpréter ou créer une « image », plus que prendre une photo, me ramena très vite à des créations personnelles. Je ne souhaite pas restituer le réel ou le moment, mais vraiment « construire des images ». Les logiciels graphiques m’offrent des outils aux contours si larges que je peux passer des heures à travailler, le matin, le soir après le boulot, le week-end… le numérique fait pleinement partie de ma vie et est une véritable passion.

Vous parrainez également des expositions. Quels sont les critères de sélection ?

Le parrainage d’artistes ou d’événements autour de la nouvelle photographie ne se fait ni sur dossier, ni sur cahier des charges. Il se fait uniquement lors de rencontres où le feeling passe  – ou ne passe pas – et où on propose d’amener notre expertise et nos moyens, au service de la promotion d’un artiste ou d’une technique.

Made with my (i)Phone

Vous êtes aussi partenaire du festival de la photographie de Dax. Quelle est la nature de votre contribution ?

Pour cette deuxième édition du Festival de la Photographie de la ville de Dax, Stéphane Mauclair adjoint à la Culture, Bernard Batais directeur artistique, et l’équipe du service de la Culture ouvrent grandes les portes à la photographie. Notre atelier déjà partenaire sur la première édition, mais également sur les concours photos organisés par la ville, a décidé cette année d’apporter son concours sur l’ensemble des expositions urbaines en réalisant les tirages grands formats sur aluminium Dibond de  5 photographes et en produisant une exposition des photos d’Olivier Houeix sur les ballets Malandain de Biarritz (à découvrir également sur notre site www.pixels-art-galerie.com)

Made with my (i)phone est une exposition que nous souhaitions réaliser depuis un moment, et qui nous tient particulièrement à cœur.

Vous avez obtenu la possibilité d’organiser un événement autour de la photographie sur iPhone…

Made with my (i)phone est une exposition que nous souhaitions réaliser depuis un moment, et qui nous tient particulièrement à cœur. Nous sommes flattés que la ville de Dax l’accueille sur cette seconde édition, au milieu de grands noms de la photographie. Elle est conçue autour de 3 types d’exploitations différentes de la photo avec (i)phone – (« i » entre parenthèses). La prise de vue classique, urbaine, témoignage de notre époque et de nos modes de vie. Un regard ludique sur un petit canard un peu fou qui pose sur différents lieux et régulièrement filtré sur les applis ; et un travail purement graphique où la photo (i)phone n’est qu’un médium servant de base à des extrapolations numériques.

Crazy Duck - Laetitia Harnie Coussau

Crazy Duck – Laetitia Harnie Coussau

Comment avez-vous sélectionné les photographes de l’exposition Made with my (i)Phone ?

Je travaille avec un des artistes  – Claude Billès – depuis plusieurs années et avons déjà de nombreux tirages en communs. J’ai découvert « Crazy duck » un soir de Premier de l’an sur l’iPhone d’une amie et j’ai de suite été séduit par ses aventures et ai proposé d’exposer « Crazy Duck » dès que l’occasion se présenterait. Laetitia Harnie Coussau, sa créatrice, est une passionnée de l’iphoneographie et possède tellement d’applis. qu’il est même difficile de toutes les nommer, elle possède également des objectifs adaptables, et surtout une envie de « torturer » son iPhone pour le pousser le plus loin possible (une vraie béta testeuse Apple). Le dernier photographe – vous-même – est un contact Flickr découvert sur le site de Laetitia, j’ai apprécié la maîtrise du cadrage et des lumières et surtout ce témoignage de la vie quotidienne d’une cité  urbaine du XXI siècle.

Made with my (i)phone  est sûrement un premier volet d’une aventure qui devra évoluer avec les développements des techniques et l’intégration de nouveaux artistes.

Pour quelle raison faites-vous la promotion de la photographie mobile ?

La création de cette exposition est pour nous une évidence, tant nous souhaitons présenter toutes les facettes de la photographie numérique au travers d’événements de qualité. Made with my (i)phone  est sûrement un premier volet d’une aventure qui devra évoluer avec les développements des techniques et l’intégration de nouveaux artistes.

Robot_us - Claude Billès

Robot_us – Claude Billès

Pensez-vous poursuivre votre soutien à l’iphoneographie ? Sous quelle forme ?

Oui bien sûr, nous allons continuer à promouvoir l’iphoneographie, sur d’autres événements, d’autres lieux ou d’autres concepts, surement en ajoutant des totems écrans ou de la projection… tout est à imaginer, le numérique nous offre cette chance !

Pensez-vous que la photographie mobile va durablement modifier la pratique de la photo ?

Je ne pense pas du tout que cela va modifier la pratique de la photographie, je pense plutôt que cela amène de nouveaux moyens à la photographie, de nouveaux publics, de nouveaux événements ou publications. Argentique ou numérique ; reflex ou Bridge ; tirage papier ou direct sur aluminium, je n’aime pas opposer les techniques  ni les outils, mais je pense plutôt que l’ensemble forme un tout, un atout, au service de l’art photographique.

Présentation de l’exposition téléchargeable : Pixels Art Galerie

Contact : Jérome Beluze – 05 59 47 77 01