Photographe remarqué sur les différents sites de partage de photos, à commencer par Eye’em qui sélectionne très régulièrement ses clichés pour son panorama hebdomadaire, Stéphane Mahè a eu la gentillesse de partager avec nous sa vision de l’iphoneographie.

Ombres et Brouillard

Ombres et Brouillard

On connaît vos photos à travers les sites Flikr, Tumblr et EYE’EM, et vous semblez pratiquer la photographie assidument. Comment est née cette passion et à qu’est-ce qui vous a poussé à utiliser un iPhone ?

Ma passion pour la photographie est née voilà une dizaine d’années et cela fait à peu près un an que je m’intéresse à l’iphoneographie ou mobile photographie.

C’est la curiosité qui m’a poussé à utiliser l’iPhone en tant que capteur d’images. A vrai dire, j’étais au départ assez septique sur le potentiel photographique de ce téléphone, par manque de connaissances sans doute.

J’ai commencé à prendre quelques clichés, à découvrir un certain nombre d’applications dédiées et surtout, à découvrir un grand nombre d’iphoneographes de talent, une communauté, des blogs et sites internet consacrés à l’iphoneographie, tout un monde en effervescence ; cela m’a séduit et donné l’envie de poursuivre.

Sous influence divine Stéphane Mahè

Sous influence divine

Êtes-vous photographe professionnel et sinon, comment conciliez-vous cette passion et votre vie professionnelle ?

Je ne suis pas photographe professionnel, si l’on entend par là, photographe rémunéré exclusivement par la vente de ses prestations en photographie.

Je suis maquettiste PAO, photographe 360° (spécialisé en photographie sphérique 360° http://www.panoramic-360.info) et iphoneographe ou mobile photographe du « dimanche », c’est-à-dire sur mon temps libre.

Moonwalk Stéphane Mahè

Moonwalk

Utilisez-vous des appareils photo classiques ou vous êtes-vous spécialisé dans l’utilisation de l’iPhone ?

J’utilise un boitier reflex pour mes photos sphériques 360° et le téléphone pour mes déambulations iphoneographiques.

Da Vinci Code Stéphane Mahè

Da Vinci Code

« Je trouve que l’iPhone autorise
davantage de spontanéité
dans l’acte de photographier ».

Quels sont selon vous les atouts de l’iPhone en termes de photographie et de retouche ?

Les atouts de l’iPhone ou des téléphones en général, c’est que ce sont des téléphones, je veux dire par là que c’est un objet que l’on a toujours ou presque avec soi, contrairement à un boîtier reflex. Du fait de sa taille réduite, cela permet un encombrement moindre et une certaine discrétion, ce qui est un atout non négligeable en ce qui concerne par exemple la photo de rue…

Je trouve que l’iPhone autorise davantage de spontanéité dans « l’acte de photographier ». Pour la retouche, là, les applications sont en nombre, il n’y a que l’embarras du choix. L’iPhone est avant tout un outil, ce qui prime c’est le regard, l’intention photographique.

Le bouclier fiscal Stéphane Mahè

Le bouclier fiscal

Quels sont les sujets qui vous inspirent et comment se déroulent vos sessions ? Partez-vous en quête d’une photo à un moment précis ou vous laissez-vous guider par l’inspiration du moment lors de vos trajets quotidiens ?

Je n’ai pas de sujet ou thématique en particulier, même si l’univers maritime est relativement présent, ce n’est pas pour autant un sujet à part entière pour moi, du moins je crois, c’est davantage un cadre de jeu.

J’aime l’idée de me rendre disponible mentalement et physiquement pour observer ce qui m’entoure, me mettre en mouvement vers l’inconnu, vers l’autre et d’en capter des instants « iphoneo-photographiques » du mieux que je peux. Il m’arrive aussi de partir à la « conquête » d’une photo à un moment précis, bien souvent, je rentre bredouille, ou alors avec une photo bien différente de celle que j’aurais pu imaginer.

Look Stéphane Mahè

Look

La mer étant l’un de vos sujets favoris, pensez-vous qu’elle impose une technique particulière en termes de cadrage, de composition, d’exposition…

Je dirai que les bords de mer m’intéressent en effet, en tant que sujet je ne sais pas, par contre ils offrent de fabuleux cadres, décors naturels, c’est déjà un spectacle en soi, notamment les variations de lumières. J’aime y intégrer le plus souvent possible une dimension humaine.

Pour ma part, je ne pense pas avoir une technique particulière, je dirais un état d’esprit différent sans doute. Je me laisse davantage guider par le voyage intérieur que suscitent en moi les bords de mer.

Conte d'été, jeux de sable Stéphane Mahè

Conte d’été, jeux de sable

Quelles sont les applis que vous utilisez le plus régulièrement dans votre pratique de l’iphoneographie ?

J’utilise le plus souvent Camera+, Quickpix, 6×6 et occasionnellement hipstamatic, pour la prise de vue.

Pour le traitement ou retouche des photos, c’est assez varié, mais ce sont des applications comme Skankolab, Camera+, PictureShow, Iris Photo, Photo fx et Noir Photo qui reviennent le plus souvent. Je découvre aussi PhotoForge 2 et KingCamera qui ont, me semble-t-il, un fort potentiel.

Babylone Circus Stéphane Mahè

Babylone Circus

« Organiser une exposition commune avec d’autres iphoneographes
serait sans doute une bonne idée
pour faire découvrir à un plus large public l’iphoneographie… »

Vous avez récemment été exposé. Comment cela s’est-il produit et quels souvenirs en gardez-vous ? Etait-ce votre première expo ? Pensez-vous en organiser une autre prochainement ?

J’ai exposé dernièrement dans une agence immobilière qui accueil régulièrement des artistes, il se trouve qu’une place était disponible, j’en ai donc profité pour m’inviter, ainsi qu’à la bouquinerie le Chercheur d’Art à Rennes (4 photos exposées en vitrine).

J’en garde un très bon souvenir, avec de belles rencontres, retrouvailles et de beaux témoignages quant à mes photos, que du bonheur. Oui, c’était ma première exposition. Pour le moment, une à deux expositions sont prévues en 2012, dont une au Chercheur d’Art (Rennes). Organiser une exposition commune avec d’autres iphoneographes serait sans doute une bonne idée pour faire découvrir à un plus large public l’iphoneographie…

Aerial Shot Stéphane Mahè

Aerial Shot

Pouvez-vous nous décrypter l’une de vos photos favorites : quand vous l’avez prise, et quelles applis vous avez utilisées ?

Il s’agit d’Aerial shot ; les applis que j’ai utilisées sont Swankolab, Iris Photo, Photo fx et PictureShow. Cette photo a été prise en octobre-novembre 2010. Elle fait écho à ce que je disais plus haut. Parfois, on part avec une certaine idée de ce que l’on  » voudrait  » comme photo et l’on revient avec toute autre chose (ou pas, d’ailleurs).

Ce jour-là, je m’étais mis en tête de prendre des photos de manif (contre la réforme des retraites). Après avoir arpenté une partie de la ville en compagnie des manifestants, je n’avais toujours rien dans ma besace numérique. Conclusion, le feeling n’était pas au rendez-vous. C’est sur le chemin du retour, la tête dans le guidon, en empruntant machinalement une ruelle qu’à un moment donné, sans trop savoir pourquoi, je relève la tête, et en une fraction de seconde, je vois cette envolée d’oiseaux, j’ai juste eu le temps de déclencher… Je souriais intérieurement, en guise de photos de manif, j’avais capté une envolée d’oiseaux.

Crédits photo : Stéphane Mahè

(c) icommephoto.com