AfterFocusNous pensions avoir tout vu avec l’excellente Big Lens, appli idéale pour appliquer après coup un effet de flou de profondeur de champ. C’était sans compter avec le génie de développeurs toujours prêts à nous surprendre. C’est le cas avec AfterFocus, capable de réaliser des prouesses quand les conditions s’y prêtent

Rappelons, au besoin, le principe de l’appli : sachant qu’il est impossible de jouer avec les paramètres physiques de l’appareil photo de l’iPhone, les clichés sont généralement nets avec une très grande profondeur de champ. Pour recréer l’esthétique d’un flou d’arrière-plan, permettant de détacher le sujet ou de créer de jolis effets bokeh, il ne reste que la solution logicielle, consistant à dessiner du doigt un masque pour séparer la zone nette de la zone floue. Simple sur le principe, mais diablement complexe quand il s’agit de le réaliser concrètement.

AfterFocus

L’appli propose deux modes, dont un, automatique, plutôt efficace

Comme toute appli du genre, AfterFocus propose de charger une image ou d’en prendre une, mais elle ajoute aussi une fonction inédite utilisant deux photos, dont nous reparlerons en détail plus bas. Autre nouveauté : à l’ouverture d’une image, l’appli propose de choisir l’un des deux modes proposés, « Smart » ou « Manual ». Le second est le mode classique (avec un petit plus, comme nous le verrons), le second est un mode avancé assez étonnant.

AfterFocus répond parfaitement à ses coups de brosse, et l’on obtient rapidement un masque

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Le dessin du masque s’avère très agréable, notamment avec la zone « intermédiaire »

Commençons par le mode manuel : il consiste à dessiner un masque du  bout du doigt, comme toujours, mais ajoute une zone « intermédiaire » entre le net et le flou. En haut, la barre de menu permet de revenir au menu principal, d’annuler la dernière opération, d’effacer le masque, et de basculer en mode « Smart ». Excellente nouvelle : l’appli répond parfaitement à ses coups de brosse, et en alternant entre les tailles de brosse et les modes de peinture (« zone nette », « zone intermédiaire », « arrière-plan »), on obtient rapidement un masque. Notez la zone intermédiaire, de couleur rose, permettant de créer une transition plus naturelle. A présent, passons en mode « intelligent » en touchant l’icône en forme de crayon dans la barre supérieure.

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Le mode automatique nécessite que l’objet se détache de l’arrière-plan

Le mode smart est étonnant : il suffit de tracer les grandes lignes délimitant les différentes parties de l’image pour que l’appli crée automatiquement un masque (comme ce que propose, cela dit, Big Lense). Dommage, cependant, que la précision ne soit pas parfaite (comme on peut le voir sur l’image d’exemple) et que l’appli nécessite des contours très marqués pour donner le meilleur d’elle-même.

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Un exemple obtenu en quelques instants (malgré quelques défauts visibles)

Une fois que l’on est satisfait par le masque obtenu, on passe à la partie « flou » proprement dite. La barre de menu inférieure permet de régler l’intensité et la nature du flou (gaussien ou de mouvement), la forme du diaphragme pour créer un éventuel effet bokeh, l’option « Fading BG » que l’on verra ci-dessous, et deux séries de filtres.

La fonction Fading BG permet de lisser le flou de l’arrière-plan au premier plan, pour obtenir facilement un résultat réaliste

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L’option BG Fading recrée une progessivité naturelle du flou

Pour comprendre l’utilité de la fonction Fading BG, il faut utiliser une photo où l’on a choisi de « faire le point » sur un objet situé au milieu du cadre. On voit que le panier de fruits, ci-dessus, se détache du fond, mais semble flotter de façon irréelle sur un nuage de flou. Une fois activée, la fonction Fading BG permet de lisser le flou de haut en bas, c’est-à-dire de l’arrière-plan au premier plan, pour obtenir facilement un résultat réaliste. Imparable !

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Les filtres, classiques, sont de bon goût et complets

Intéressons-nous aux filtres à présent. Ils sont au nombre de 9 : effet colorsplash, noir et blanc, noir et blanc contrasté, sépia, sépia contrasté, deux cross process, vintage et antique. En mode « colorsplash » (ici rebaptisé « Color Mask »), la partie nette est normalement saturée, la partie intermédiaire moyennement saturée, et la partie floue totalement désaturée. Effet amusant : en touchant l’image, on fait apparaître une mise au point virtuelle qui permet d’inverser les masques et donc de flouter le premier plan et de rendre net le fond…

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L’effet bokeh est très réussi et l’accentuation efficace

On trouve ensuite quatre filtres supplémentaires très intéressants : un bokeh très réussi, un vignettage hélas trop prononcé, un effet d’accentuation qui permet de mettre encore plus en valeur la partie nette, et un effet « sticker » qui détoure la partie nette d’un trait blanc, et la détache du fond avec une ombre portée.

Le principe de la double exposition consiste à prendre deux photos, légèrement décalées, pour que l’appli détecte automatiquement l’objet à l’avant-plan

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Le mode « magique » à partir de deux clichés

Mais il est temps, à présent, d’aborder la grande nouveauté : la double exposition. Le principe est simple : il s’agit de prendre deux photos, légèrement décalées, pour que l’appli détecte automatiquement l’objet à l’avant-plan et l’arrière-plan. Attention, pour que cela fonctionne, il faut que l’objet soit très proche et l’arrière-plan le plus éloigné possible, et surtout, ne pas déplacer l’appareil de façon trop importante. A noter que l’appli montre la première photo, sous forme de pelure d’oignon, afin de rester le plus horizontal possible.

L’étape suivante consiste à aligner l’arrière-plan des deux clichés, la barre du haut permettant d’afficher chaque photo séparément, pour mieux vérifier l’alignement. La partie inférieure contient les boutons permettant de déplacer la photo de façon très précise. Une fois l’alignement effectué, on laisse la magie opérer…

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La magie opère : le masque est créé automatiquement et le flou s’avère naturel

Après une analyse qui prend une dizaine de secondes, AfterFocus crée un masque automatique que l’on pourra corriger rapidement. On le voit sur l’image ci-dessus, le rendu est vraiment bon, et pourra convenir dans de nombreuses occasions, tout en évitant de devoir systématiquement dessiner le masque à la main, ou pour produire une première version du masque que l’on pourra facilement corrigé en mode manuel.

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Un exemple obtenu en mode double exposition. C’est flou, non ?

L’enregistrement s’effectue selon la taille définie dans les réglages (de 320 à 2048 pixels), plus ou moins lentement en fonction de la résolution et des filtres appliqués. On peut également partager le résultat sur les réseaux sociaux (à une taille définie également dans les options) : e-mail, Facebook, Twitter, Flickr et Picasa.

En quelques mots : Excellente appli de création de flou de profondeur de champ, AfterFocus a un côté magique irrésistible qui permet de lui pardonner ses petits défauts.


+ On apprécie

– On regrette
  • Les modes « intelligents »
  • La zone de flou intermédiaire
  • Les filtres
  • L’ergonomie
  • Un certain manque de précision
  • L’impossibilité de corriger le masque après coup

Mise à jour du 1er juillet 2012 : La version 1.3.0 ajoute des filtres ainsi qu’une fonction de bords progressifs assez peu spectaculaire.

Configuration : iPhone 3GS, iPod Touch 3, iPad sous iOS 4.0 ou supérieur

Lien sur l'App Store : AfterFocus (0.99EUR)

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