CineCamLorsqu’elle est arrivée sur l’App Store, CineCam avait tout pour séduire (sur le papier), et l’on avait hâte d’essayer ce mélange atypique d’Instagram (pour la gestion du réseau social) et d’Hipstamatic (pour l’intégration de packs de pellicules et objectifs). A l’arrivée, on découvre une appli très décevante, faute à une fluidité à revoir et une résolution de timbre-poste. Ce qui explique le peu d’activité dans la partie communauté…

8mm Vintage Camera l’avait annoncé : l’heure de la vidéo allait sonner, et des applis de filtres en temps ou non allaient nous permettre de jouer avec les séquences animées comme avec nos clichés. Las, le défi technique en aura fauché plus d’une en plein vol. CineCam est de celles-là.

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L'interface, classique, nécessite de tenir l'appareil à l'envers...

L’ouverture de l’appli déconcerte avec une interface « à l’envers » : le bouton d’enregistrement, généralement placé en bas de l’écran (en position portrait) se retrouve ici en haut. On se dit tout d’abord qu’il doit y avoir une raison technique (dégager le micro, par exemple) mais une fois l’appareil mis en position paysage, on s’aperçoit que ses doigts on tendance à bloquer l’objectif de l’iPhone, qui se retrouve dans le coin inférieur droit de l’appareil. Il faut alors tenir son appareil du bout des doigts, uniquement sur la tranche. Ce qui n’est donc pas du tout pratique, d’autant plus que pour le coup, le micro est toujours aussi gêné par les doigts, à moins de ne tenir l’appareil que d’une main et ne pas craindre, de ce fait, les chutes (serait-ce une pub indirecte pour le Glif ?).

Ce premier désarroi passé (il y en aura d’autres), on découvre une interface des plus classiques, avec gestion de la caméra (frontale/dorsale) et de la torche. On peut également voir un onglet, en haut à gauche, qui  permet d’accéder aux différents objectifs, pellicules et autres filtres. Le cœur de l’appli en quelque sorte, qui se trouve dans le « Store ».

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Le Store fonctionne avec une monnaie gagnée en postant des vidéos

En effet, le Store intégré permet d’acheter de nouveaux équipements, sous forme de packs (les CinePacks, comme c’est original) composés, généralement, d’un objectif, d’une pellicule et d’un filtre. Mais contrairement à Hisptamatic (dans un premier temps), il est inutile de contacter son banquier pour contracter un crédit à la consommation puisque l’appli « offre » 3000 crédits à dépenser dans ce magasin virtuel. Chaque pack est en effet proposé au prix de 500 crédits, les filtres seuls (cyan, violet, jaune, magenta, orange, vert, bleu et rouge, en version intense ou désaturée) étant proposés à moitié prix.

Et l’on a bien raison de s’inquiéter :
la vidéo a un format 320 x 224 à 10 fps !

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6 packs sont proposés, mais 2 sont identiques...

On trouve 6 packs par défaut (soit 3000 crédits, auquel on peut retirer les 500 de Mojave, comme on l’a vu) et 16 filtres (4000 de plus). Il manque donc au moins 3500 crédits pour acquérir l’ensemble : il faut les gagner en postant des vidéos en ligne. Car l’autre partie fondamentale de CineCam est son réseau social. En avant pour la « salle de projection »…

Qu’en est-il de ces packs ? On peut s’équiper depuis la caméra en choisissant un objectif (qui recadre l’image) et une pellicule (qui ajoute un effet), mais les filtres, accompagnant chaque pack, sont en revanche impossibles à sélectionner puisqu’ils n’apparaissent pas dans la liste. Il faut en passer obligatoirement par le menu « Equip » où l’on sélectionne ses packs. Un « bug » étrange.

Encore plus agaçant : on s’aperçoit que le pack Essaouira est exactement le même que le pack Mojave. Ensuite, le pack « Pinewood » et voit son recadrage 4:3 orienté en mode portrait. Un choix étonnant s’il en est, les écrans 3:4 n’étant a priori pas des plus répandus dans les années 70…

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Les vidéos sont au format ridicule de 320x224 pixels !

On commence également à avoir de sérieux doutes quant à la puissance du moteur programmé tant l’application en temps réel du filtre à l’image s’accompagne de saccades de bien mauvais augure. Et l’on a bien raison de s’inquiéter et après analyse de la vidéo produite, on comprend l’horreur de la situation : elle a un format 320×224 à 10 fps ! Autre étrangeté, le format choisi est le m4v, MP4 d’Apple utilisé sur iTunes pour diffuser les podcasts et autres épisodes de série télé… Ce n’est pas le plus répandu, et un fichier QuickTime aurait été sans doute plus simple à traiter.

La partie communauté ne permet pas
de réagir aux posts des autres,
ce qui est pourtant à la base du terme « social »…

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La communauté est encore très peu développée...

La partie communauté permet de visionner les vidéos produites par les utilisateurs de CineCam, mais CineCam passe par le moteur de Twitter pour afficher tous les messages contenant le tag #CineCam. On peut certes voir quelques vidéos, mais un affichage sous forme de vignettes comme celui d’Instagram, pour n’en nommer qu’un (et que la plupart des applis du genre ont adopté) aurait été nettement plus esthétique et pratique. Ici, actuellement, il est impossible de réagir aux posts des autres, ce qui est à la base du terme « social », pourtant…

Les développeurs annoncent déjà une mise à jour importante pour les jours à venir, et nous l’attendons avec impatience tant l’appli actuelle semblait prometteuse, mais sans rien tenir à l’arrivée…

En quelques mots : basée sur de bonnes idées, CineCam pèche par une technique pour l’heure grandement perfectible, avec une vidéo trop petite et trop peu fluide et une communauté toujours en devenir.

Lien sur l’App Store : CineCam (0,79€)

(c) icommephoto.com