FilterstormCette application jusqu’alors réservée à l’iPad est devenue universelle avec son passage à la version 2.5, occasion de se pencher sur cet outil de retouche d’image très complet et capable de rivaliser avec les modèles du genre que sont PhotoForge et Photogene. Le passage du grand écran de l’iPad à celui de l’iPhone s’est fait en douceur, et permet de conserver une certaine ergonomie, hélas encore perfectible.

L’application, complexe dans son maniement du fait de la richesse des outils proposés, se veut le plus accessible possible et, dès son lancement, propose de guider l’utilisateur en décryptant sommairement le menu et en invitant à regarder un tutoriel vidéo (bien évidemment en anglais). Il est donc possible d’ouvrir une image, de prendre un cliché depuis l’appli ou de copier celle se trouvant dans le presse-papier, pour commencer à travailler.

L’appli fonctionne à l’aide d’une barre de menu située en bas et proposant quatre outils : le tampon façon Photoshop, l’application de scripts qui peuvent être complexes (et que l’on peut créer soi-même), l’accès à l’historique et, enfin, deux petites flèches discrètes qui cachent en fait le cœur de Filterstorm.

Le tampon est d’une utilisation enfantine : après avoir sélectionné la taille du pinceau, l’importance de son contour progressif, et son opacité, il suffit d’amener la lenticule à un point de l’image que l’on veut copier, et de faire glisser le doigt sur la partie de l’image à remplacer. L’effet est efficace, même si une certaine pratique sera nécessaire avant d’obtenir un résultat parfait.

Les scripts (ou automations), sont au nombre de deux à l’ouverture de l’appli : enhance et vintage. La première rehausse les contrastes, quand la deuxième applique un filtre bleu vert assez sombre et ajoute un vignetage, pour un effet plutôt réussi et chaleureux.

Le redressement dans Filterstorm

Le redressement, limité à une dizaine de degrés, est un peu juste…

Enfin, les deux flèches à droite donnent accès aux opérations sur l’image (recadrage, rotation, redressement, redimensionnement), aux nombreux filtres et aux métadonnées ajoutées au cliché. Les opérations portant sur l’image, regroupées sous le terme « canvas », ne sont pas toujours d’une ergonomie exemplaire. Ainsi, pour modifier la taille d’un cliché, il faut cliquer dans la fenêtre où se trouve la valeur (largeur ou hauteur) à modifier, faisant de la sorte apparaître un clavier qui cachera ladite fenêtre, ce qui n’est guère pratique, il faut bien l’avouer ; il aurait été plus agréable d’opter pour un curseur. La rotation s’utilise à l’aide de deux icônes faisant tourner l’image par pas de 90°, alors que le redressement (straighten) lui, fait bien appel à un curseur, mais ne permet pas un mouvement très important de l’image (de l’ordre d’une dizaine de degrés dans un sens ou l’autre, quand Crop Suey atteint 45°).

Le copieux menu des filtres, au centre de l'appli

Le copieux menu des filtres, au centre de l’appli

Si ces manipulations ne sont pas totalement convaincantes, le plus important reste l’ensemble des filtres, surtout pour  une appli baptisée Filterstorm ! Travail sur la luminosité et le contraste, les courbes (luminance, RVB et CMJN), la balance de couleurs, la température, le noir et blanc, l’atténuation/renforcement, le flou, le tone-mapping (virtuel, bien sûr), la réduction de bruit, le vignetage/dévignetage, la peinture et la postérisation, tous semblent répondre à l’appel.

L’effet noir et blanc permet de travailler sur l’ensemble de couches, ou de paramétrer l’effet selon le bleu, rouge ou vert, pour mettre en valeur un élément en passant par l’un des canaux (le bleu d’un ciel, par exemple). Il est également possible de n’appliquer l’effet que sur une partie de l’image, qui sera peinte au doigt, comme dans les applis telles que Colorsplash ou Colorblast!. La prise en main est excellente, et l’effet obtenu convaincant.

La température permet de définir ce paramètre à l’aide soit d’une « pipette » (en choisissant un point de l’image comme référence), soit d’un curseur. Simplissime !

Les masques dans Filterstorm

La sélection des masques est puissante et ergonomique

Le travail le plus impressionnant reste celui sur les courbes, notamment en n’appliquant l’effet que sur un masque. Pour cela, on peut utiliser l’habituel pinceau, mais aussi, en faisant glisser vers la gauche la palette d’outils du bas de l’écran, utiliser une sélection rectangulaire avec ou sans flou de transition ou sur une plage de couleurs. Là encore, un minimum d’expérimentation sera nécessaire pour maîtriser l’ensemble.

Les autres filtres, connus des amateurs de Photoshop, donnent également de bons résultats et peuvent tous être appliqués en ayant recours à un masque.
L’une des bonnes idées de l’appli est de donner accès à un historique en image, ce qui permet d’annuler les dernières opérations effectuées pour retrouver l’image dans un état précis.

Pour terminer, l’appli peut également insérer des métadonnées EXIF à l’image, mais ces dernières ne seront enregistrées durablement que si l’on envoie l’image par mail , l’OS d’Apple interdisant toujours la modification de ces paramètres dans les photos enregistrées dans la pellicule (un choix qu’il serait bon de revoir, tant cela pénalise à l’arrivée les utilisateurs !).

Il est clair que Filterstorm n’est pas une appli ludique permettant d’obtenir rapidement des effets impressionnants et esthétiques sur ses clichés, mais bien une appli s’inspirant directement de Photoshop. Il aurait été bon, cependant, que les automations intégrées soient plus nombreuses, puisqu’elles fonctionnent réellement comme les applis imitant les appareils vintage, mais le but de Filterstorm est avant tout d’offrir la possibilité d’un traitement très fin et complet des images aux utilisateurs les plus aguerris. C’est la plus chère des trois applis du genre (Photoforge est vendue 2,39€ et Photogene 1,59€), sans que ce prix ne soit autrement justifié que par sa version iPad. Elle s’adresse donc plus à ceux qui ont les deux appareils, les autres ayant tout intérêt à se tourner vers la concurrence, tout aussi efficace, et sans doute plus ergonomique.

En quelques mots : Filterstorm intègre la plupart des outils que l’on attend d’un Photoshop sur mobile, grâce notamment à une intégration intelligente et puissante des masques, mais souffre d’une prise en main nécessitant un minimum d’expérience et d’un prix un peu trop élevé.

Mise à jour du 23 novembre 2010 : Quelle amélioration ! En effet, si l’interface reste la même, l’appli se voit offrir des fonctions supplémentaires bienvenues comme l’ajout de bordure et de texte bénéficiant de nombreuses polices de caractères et surtout un outil de surimpression très puissant et souple grâce à la technique des masques propre à Filterstorm, un recadrage amélioré et une des curseurs à présent accompagnés de valeurs numériques. Les données EXIF et IPTC sont également prises en compte. Bref, voilà de quoi offrir une étoile de plus à Filterstorm !

Lien sur l'App Store : Filterstorm (3.99EUR)