iPhotoAppli universelle, iPhoto promet d’apporter une touche inédite à la photographie, en réunissant gestion de bibliothèque, partage et retouche. Un programme dense qui a bien du mal à trouver sa place sur l’écran de l’iPhone…

Première remarque : iPhoto est une application « de luxe », proposée à un prix vraiment élevé (3,99€) et ne fonctionnant que sur les derniers modèles. Ici, iPhone 3GS, iPad première génération et iPods en tout genre ne sont pas les bienvenus. De même, pour profiter de l’appli, il faudra mettre à jour l’OS à la dernière version. Bref, voilà ce qui s’appelle participer à l’escalade technologique. Ce qui n’a, bien évidemment, rien d’étonnant quand on est celui qui fournit les armes !

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A l’ouverture de iPhoto, on découvre les albums, composés à l’aide des dossiers créés sous iOS 5, ainsi que l’album « Modifiées », propre à l’appli et contenant les clichés qui y auront été retouchés. Le menu en bas de l’écran permet d’accéder aux différentes « sections » de l’appli : albums, photos (la Pellicule au complet), les événements (créés après leur synchronisation depuis iTunes, uniquement sur Mac).

Pour importer des photos, iPhoto dispose de toute une panoplie d’options : depuis la Pellicule, depuis le Flux de photos iCloud, transmission sans fil entre iDevices, synchronisation via iTunes. L’appli permet également d’importer des photos au format RAW, mais ne peut traiter que l’image JPEG qu’il contient.

Revenons aux albums. Si par défaut, on n’en qu’un seul, « Pellicule », d’autres peuvent venir s’ajouter à la liste selon ses usages. Ainsi, on pourra trouver « Flux de photos », tous les dossiers créés à l’aide d’iOS, soit depuis Photos, soit depuis une autre appli (PhotoToaster, dans notre exemple), et surtout l’album « Modifiées » contenant les photos que l’on aura retouchées à l’aide d’iPhoto, comme nous le verrons plus tard.

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Trois modes d

Quand on choisit une photo dans un album, elle s’ouvre dans une nouvelle fenêtre, donnant cette fois-ci accès à la majeure partie des outils de l’appli. C’est aussi à cette occasion que l’on découvre, sur iPhone, les limites des choix ergonomiques faits par les développeurs…

En haut de l’écran se trouve un premier menu. Il permet, de gauche à droite, de revenir à l’album, d’afficher ou masque la ligne de vignettes sous la photo choisie, de partager la photo (dans un journal, dans la Pellicule, sur iTunes, par mail, via WiFi vers un autre iDevice, vers une imprimante, via Twitter, Flickr ou Facebook, ou de lancer un diaporama), d’afficher les métadonnées et la géolocalisation de la photo, d’afficher la photo non traitée si l’on a appliqué divers outils et filtres, et d’afficher ou masquer la barre d’outils en bas de l’écran.

L’affichage des métadonnées est très précis

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Métadonnées et géolocalisation sont proposées

Si l’on clique sur « i » pour afficher les métadonnées, on accède à un écran très précis, avec trois onglets différents. « Info » affiche ainsi les métadonnées sous forme classique (appareil photo, date, lieu, résolution, format, focale…). Il est également possible d’ajouter un titre à la photo. Le second onglet, « Plan », affiche une carte indiquant le lieu de prise de vue, s’il a été enregistré avec la photo. Cette dernière n’est pas l’habituelle carte fournie par Google et s’avère plus esthétique. Revers de la médaille : pas de vue satellite et un niveau de zoom inférieur. Enfin, « Notes » permet d’accéder aux notes associées aux fichiers envoyés sur Flickr ou Facebook, iPhoto permettant de partager des clichés sur ces sites comme nous l’avons vu.

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On avait jusqu’à présent utilisé iPhoto en mode portrait, mais l’appli est plutôt prévue pour fonctionner en mode paysage. Comme on le voit sur la photo ci-dessus, dans ce mode, les vignettes se trouvent affichées sur la gauche, surmontées par deux nombres. Le premier indique les photos (hors celles qui sont masquées), et le second, entre parenthèses, indique celles qui sont marquées d’un drapeau. En touchant cet en-tête, on fait apparaître un menu permettant de sélectionner les photos que l’on souhaite afficher : toutes les photos, les photos avec drapeau, les photos modifiées et les photos masquées. Bizarre, en revanche, que l’on ne puisse pas filtrer l’affichage selon les photos marquées comme favorites ! Cependant, ces dernières se retrouveront dans un album spécifique, tout comme les photos marquées d’un drapeau.

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iPhoto permet de sélectionner plusieurs photos

Il est également possible de sélectionner plusieurs photos dont on souhaite modifier l’état (masquée, marquée, favorite…). Pour cela, il suffit de toucher l’icône « options » en forme de rouage en bas à gauche, et choisir l’option « Sélectionner plusieurs photos… ». Là, on pourra tapoter sur toutes les photos à ajouter, ou choisir l’option « Plage » et choisir les deux « extrémités » de la liste à créer. Notez également qu’en maintenant enfoncée la touche « drapeau », on peut marquer toutes les photos de l’album, supprimer tous les drapeaux, ou marquer les photos des 7 derniers jours ou des dernières 24 heures. Il est enfin possible, depuis le menu « options » de choisir l’image qui servira à illustrer l’album (la « photo-clef »). Petite idée intéressante : en double tapant sur une photo, iPhoto sélectionne celles qui sont semblables et les affiche en mosaïque afin de sélectionner la plus intéressante.

iPhoto propose des outils de modification classiques des logiciels de retouche

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Les outils sont au complet !

Si l’on trouve, en bas de l’écran, à côtés des fonctions de marquage d’un drapeau et d’un favori celles d’amélioration automatique (sous forme d’une baguette) corrigeant l’exposition et celle de rotation, iPhoto va plus loin et propose des outils de modification avancés. Il suffit pour y accéder de toucher l’icône en forme de boite à outils dans le bandeau inférieur. On découvre alors 5 fonctions classiques des logiciels de retouche : recadrage et redressement, réglage de l’exposition, réglage des couleurs, amélioration à l’aide de masque, ajout d’effets.

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Recadrage et redressement sont très précis

L’outil de rognage permet de redresser l’image à l’aide d’une molette très précise, allant de -20° à +20° ou avec deux doigts. Il est aussi possible d’utiliser le gyroscope pour cela, il suffit de toucher brièvement la molette et de pencher l’iPhone… On note également qu’il existe de nombreux formats de recadrage : 3×2, 4×3, 16×9, 2×3, 3×4, 1×1,5×3, 10×8, 7×5, 3×5, 8×10 et 5×7 !

l’ajout de la fonction « copier/coller l’exposition » permet d’appliquer des corrections par lot !

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Le réglage de l’exposition montre qu’iPhoto a été influencé par Snapseed : s’il existe un curseur en bas (d’une utilisation déroutante en mode paysage, mais plus simple en mode portrait !), on découvre qu’en maintenant le doigt appuyé sur la photo, une croix directionnelle apparaît. Il ne reste plus qu’à déplacer son doigt verticalement pour modifier l’éclaire, et horizontalement pour modifier le contraste. Pour la balance des blancs, en revanche, il faudra en passer par les curseurs placés aux extrémités de la règle… L’autre bonne idée est l’ajout de la fonction « copier/coller l’exposition » permettant d’appliquer rapidement le même réglage à plusieurs photos ! On applique ainsi des corrections par lot avec une facilité déconcertante. On se demande seulement pourquoi proposer une interface si différente selon l’orientation portrait ou paysage de l’iPhone !

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Un montage avant/après le réglage de saturation "Ciel"

Une fois de plus, le réglage des couleurs et de la balance des blancs risque de donner le tournis : plutôt qu’un simple curseur de saturation ou de modification de la teinte, on trouve le réglage de la saturation accompagné de trois réglages originaux, « ciel bleu », « verdure » et « tons chair ». Il s’agit de curseurs de saturation dédiés spécifiquement aux zones bleues, vertes et chair. Plus intéressant, en touchant l’image, on accède là encore à une flèche directionnelle, l’axe vertical modifiant la saturation générale, et l’axe horizontal choisissant, quand c’est possible, la zone de couleur dominante !

Les pinceaux détectent les contours de façon très précise

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Les pinceaux permettent de retoucher la photo par zone spécifique

Voyons à présent les retouches à l’aide d’un masque, accessible à partir de l’outil « pinceaux ». On trouve 8 fonctions : réparer (pour corriger les imperfections), yeux rouges, saturer, désaturer, éclaircir, obscurcir, renforcer la netteté, adoucir. Des options supplémentaires permettent d’appliquer ces effets à l’image tout entière, d’afficher le masque et de détecter les contours (pour n’appliquer l’effet que sur des zones de couleur spécifiques). Cette dernière option est très efficace et précise et permet réellement de ne retoucher que des zones spécifiques de la photo.

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Les effets, nombreux, sont très classiques

Derniers outils incontournables : les effets ! Ils sont organisés sous forme de nuancier, chaque lamelle regroupant différentes familles de filtres : Chaud et froid (réglage de la température des couleurs), Deux tons (monochrome avec un filtre couleur), noir et blanc (différents filtres, et vignettage, grain et sépia en option), aura (color splash), rétro (entre lomo et pola, avec vignettage optionnel) et Artistique (ND Grad, Tilt Shift, mosaïque…). Là encore, il est possible d’appliquer les paramètres d’un effet à une ou plusieurs photos.

iPhoto cache une fonction très puissante d’édition de livres photo numériques

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La création de journaux est l

Dernière particularité d’iPhoto : la gestion des journaux. Sous ce terme se cache une fonction très puissante d’édition de livres photo numériques contenant photos, légendes, carte, bulletin météo, note personnelle… Et iPhoto permet également, par l’intermédiaire d’iCloud, de publier ces journaux sous forme de page web accessible aux autres : l’idéal pour partager des souvenirs !

Pour cela, il suffit de sélectionner une photo et de l’envoyer vers un journal. La première étape consiste à choisir un thème parmi les six proposés : coton (fond blanc façon tricot), bordure (idem, avec une bordure blanche autour des photos), jean, clair, sombre et mosaïque (les photos sont collées les unes aux autres). Après avoir donné un titre au journal, il suffit de toucher « Créer le journal », et le tour est joué.

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Les journaux associent images et textes mis en page

Reste à présent à améliorer la mise en page. En touchant le « + » du menu Journal, on accède à un menu spécifique proposant les éléments suivants : en-tête, texte, note, mémo, espace, page, plan, jour, citation, cuisine et météo. Beau menu !

L’en-tête, le texte, la note et la citation permettent d’ajouter du texte sous différentes formes, et le reste est assez parlant. On peut ainsi, assez facilement, créer une page de souvenir en quelques instants. Il est possible, quand on ajoute une photo à un journal existant, de choisir une page existante ou d’en créer une nouvelle.

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iPhoto permet de partager les albums en ligne sur iCloud !

Une fois le journal terminé, il est possible de l’enregistrer vers iTunes (l’appli crée un dossier contenant les photos de différentes tailles), vers un diaporama (qui n’affichera que les photos et rien d’autre) mais surtout vers iCloud. Il sera possible, alors, de voir cet album depuis un navigateur, sur iPhone comme sur ordinateur (il est possible d’envoyer un lien vers l’album par mail).

En quelques mots : souffrant sur iPhone d’une ergonomie perfectible et d’un prix élevé, iPhoto ne conviendra pas à tous les publics du fait de sa complexité, mais une fois prise en main, elle révèle une puissance étonnante !


+ On apprécie

– On regrette
  • Les outils de retouche très bien pensés
  • L’affichage des photos à 100%
  • La gestion et le partage de journaux en ligne
  • L’aide intégrée
  • Une ergonomie déroutante
  • L’incompatibilité avec les modèles plus anciens
  • Le prix
  • Pas d’aide interactive

Configuration : iPhone 4, iPad 2 sous iOS 5.1 ou supérieur

Lien sur l’App Store : iPhoto (3,99 €)

(c) icommephoto.com