King CameraDéveloppé par deux photographes professionnels, King Camera est un appareil photo de remplacement assez exceptionnel, parvenant à allier une richesse impressionnante et une interface accessible à tous. La présence de tutoriels remarquables n’est pas étrangère à cette accessibilité étonnante.

En effet, si l’on peut se lancer dans l’utilisation de King Camera immédiatement, on est invité à visionner les différents tutoriels vidéos intégrés en premier lieu (vidéos accessibles sur le site de King Camera). On y découvre, pas à pas, l’intégralité de l’appli, en commençant par ses concepts généraux, puis en abordant plus précisément l’utilisation de l’appareil photo, de la table lumineuse et des deux « labos photo », Quickmatik et Promatik. Chaque vidéo dure une dizaine de minutes et devrait me mettre au chômage si tous les éditeurs agissaient de la même façon, tant ces documents sont clairs, didactiques et d’une précision rare.

King Camera

L'ergonomie de l'appareil photo est un modèle du genre !

Sans plus tarder, on ouvre donc l’appareil photo, pour découvrir une interface assez classique sur iPhone, et de ce fait très ergonomique. Cela dit, King Camera ne se contente pas de copier les concurrents, et offre une interface « gestuelle » aussi originale qu’efficace. Ainsi, pour afficher ou masquer le menu latéral, un glissement du doigt suffit. De même, pour gérer l’épineux problème du basculement entre le mode autofocus et la gestion séparée de la mise au point et de l’exposition, King Camera opte pour une solution aussi efficace qu’élégante (identique à celle de Camera Genius) : en maintenant le doigt appuyé sur l’écran, on fait apparaître deux icônes que l’on peut alors déplacer librement, et pour revenir à un réglage automatique de l’exposition, il suffit de taper n’importe où sur l’écran. Fini, donc, l’utilisation de deux doigts ou les doubles tapes par toujours évidente. Le zoom est limité à 4x, mais cela permet de limiter la génération de bruit, inévitable au-delà…

« King Camera offre une interface gestuelle
aussi originale qu’efficace »

Les fonctions sont nombreuses, à commencer par les modes de déclenchement, exhaustifs : retardateur (5, 10, 20 ou 30 secondes), antitremblement, déclenchement sonore et mode rafale. On notera cependant un bug dans l’antitremblement qui le rend inutilisable en mode portrait (la photo ne se déclenche jamais…). Sans doute cela sera-t-il corrigé dans une future mise à jour. Le mode rafale, quant à lui, permet de prendre 3, 5, 7, 9 ou 12 clichés en moyenne ou pleine résolution, de façon efficace (même si l’on n’atteint pas les performances de QuickPix). Il est également possible de basculer en mode « big button » qui permet de déclencher la prise de vue quel que soit l’endroit de l’écran que l’on touche. Enfin, on pourra verrouiller séparément la balance des blancs et l’exposition (à noter qu’en mode vidéo, une fois de plus, le bug concernant l’iOS 4.3 interdit de verrouiller la balance des blancs avant le début de l’enregistrement).

King Camera

Time lapse et Stop Motion sont également de la partie !

L’autre mode d’enregistrement est le « time lapse » / « stop motion ». On peut y définir un mode de prise de vue automatique (« time lapse »), en définissant la durée de l’enregistrement ou le nombre de clichés total, et le délai de prise de vue. En mode manuel (« Stop motion »), on peut activer le mode pelure d’oignon (et sa transparence).

Etrangement, cependant, il n’est pas possible de régler le frame rate : la vidéo enregistrée le sera à la vitesse de 24 images par seconde, ce qui est un peu trop rigide, notamment pour le stop motion (on ne travaille pas tous chez Aardman, et une vitesse de 12 fps est plus utilisable !). Là encore, ne blâmons pas trop cette appli dont nous découvrons la version 1.0, et qui permet déjà de produire de telles vidéos, fonction qui nécessitent généralement l’utilisation d’une appli tierce (qui a parlé d’iMotion HD ?).

Si les vidéos enregistrées sont envoyées directement dans la pellicule, il n’en va pas de même des photos qui sont pour leur part stockées dans la visionneuse de l’appli, le « Photo Desk ».

King Camera

Le photodesk gère les piles de photos pour conserver un historique de ses modifications

Cette visionneuse intègre une autre fonction aussi originale qu’efficace : les piles de photos. En effet, lorsque l’on prend des photos en rafales, ces dernières sont empilées les unes sur les autres, ce qui évite de remplir l’écran de multiples clichés. De même (et c’est encore plus intéressant), lorsque l’on retouche une photo, le résultat vient s’empiler sur l’original, ce qui permet de conserver tous les modèles en mémoire ! Une sorte d’historique visuel à la façon de Photoforge 2.

On peut ici sélectionner une ou plusieurs photos (pour cela, il suffit de maintenir le doigt sur la photo jusqu’à l’apparition d’un cadre pointillé vert) et les partager sur différents services en une seule opération : Facebook, Twitter, Flickr, Dropbox ou mail. On peut également y joindre un message. Mais surtout, lorsque l’on sélectionne un cliché, on peut l’envoyer vers les deux labos de retouche : Quickmatik et Promatik

King Camera

Le Quickmatik permet d'appliquer des effets rapidemene et en toute simplicité

Quickmatik, donc s’organise en quatre onglets : Color, Mono Chrome, Grunge et Themes. Par défaut, on en trouve 45, ce qui est déjà un beau panel. Il est de plus possible de modifier les paramètres : intensité de l’effet, et choix de la bordure. Ces dernières sont une fois de plus organisées en 3 catégories : colors (définies selon la largeur,  l’angle carré ou arrondi, et la couleur, à choisir parmi 8), artsy (13 modèles, 8 d’inspiration photographique et 5 façon cadres de tableau) et cute (6 modèles fantaisie).

On appréciera tout particulièrement « party night » pour son joli vignetage et « quick fix » pour la correction des photos sombres (Color), nosferatu pour son noir et blanc bien contrasté (monochrome), rocky road et sa belle texture (grunge) et « bleach bypass » et « pinhole cam » (theme).

King Camera

Le redressement par pas de 1° et le recadrage sont au programme

Il est également possible, ici, d’appliquer une symétrie et de redresser l’image, degré par degré. Cela dit, si l’on peut aussi recadrer l’image librement ou selon des formats prédéfinis, on est étonné des choix des développeurs : 5:7, 8:10, 4:3, 16:9 et 8,5:11. Pourquoi ne pas avoir proposé le très classique format carré ?

« On a accès ici à un véritable outil de retouche »

King Camera

Le Promatik donne accès aux réglages de température, luminosité/contraste, saturation/teinte, vignette et texture

Si le mode de retouche rapide est très bon, la version « pro » est excellente ! On a en effet accès ici à un véritable outil de retouche chromique. Première fonction : la balance des blancs permet de définir la température des couleurs. Suivent les nombreux réglages cachés derrière les courbes et niveaux : exposition, contraste, intensité des zones sombres et  lumineuses, détails des zones sombres et claires. La gestion de la saturation est également complète, avec une prise en charge de chaque canal (rouge, vert et bleu), permettant de jouer avec le noir et blanc de façon très précise. On peut également y jouer sur la teinte générale grâce aux quatre boutons latéraux (bleu/sépia, bleu/rouge, bleu/jaune et violet/vert). Toutes les combinaisons sont évidemment possibles…

La partie « vintage » se compose d’une gestion du vignetage très fine (taille et intensité), et d’une gamme intéressante de textures et effets. Ces dernières se composent en effet de 10 textures dont on peut modifier le mode d’application (soft, hard ou fog) à l’aide d’un bouton situé en bas de l’écran, et la transparence grâce au curseur. Mais on trouve également un effet de trame de demi-teintes et différentes fuites de lumière et effets bokeh artificiels.

King Camera

King Camera permet d'enregistrer ses réglages parmi les filtres intégrés

Le plus fort étant ici qu’il est possible d’enregistrer l’image produite, mais également l’ensemble des modifications produites pour créer un nouveau « look » qui intègrera la page Quickmatik afin d’être immédiatement applicable à un autre cliché. Très efficace et d’autant plus pratique que l’on peut choisir le nom et le dossier dans lequel sera classé le look. Il est également possible de gérer les looks en supprimant ceux dont on ne veut plus (et s’il s’agit de l’un des 45 par défaut, il sera possible d’annuler son effacement en passant par les options).

En quelques mots : grâce à l’étendue réellement impressionnante de ses fonctions, à l’ergonomie générale, à l’originalité de certains choix et le sens du détail, King Camera parvient sans peine à faire oublier ses défauts de jeunesse pour s’imposer comme l’un des meilleurs appareils photo de remplacement, aux côtés de Camera+ ou Camera Genius.

Mise à jour du 14/06/2011 : La version 1.01 améliore les caractéristiques techniques de l’appli (rapidité de traitement, poids…) et ajoute le choix de 12 fps pour le mode Timelapse et Stop Motion.

Mise à jour du 29/06/2011 : La version 1.03 corrige quelques bugs et améliore l’interface (recadrage, calcul des prévisualisations).

Mise à jour du 09/07/2011 : La version 1.04 corrige quelques bugs affectant le déclencheur pour atteindre une rapidité époustouflante, et améliore d’autres points moins importants.

Mise à jour du 29/09/2011 : La version 2.0 est une refonte globale de cette appli excellente qui devient ainsi quasi parfaite, avec des outils de retouche parmi les plus puissants vus dans un appareil photo.

Lien sur l’App Store : King Camera (1,59€)

(c) icommephoto.com