Sortie le 6 juillet 2010, Lomora a déclenché un mini scandale au sein de la communauté des « iphoneographers » en se basant sur un principe aussi original que stupide : faire payer la pellicule virtuelle de l’appareil photo grâce au système d’achats intégrés. Devant le tollé des utilisateurs, le développeur a tenté de corriger le tir, pour se rapprocher d’Hipstamatic. Las, le mal était fait, d’autant plus que l’appli ne donnait pas satisfaction en termes techniques et artistiques. Avec un changement radical, portant jusqu’à l’icône et au nom de l’appli, Lomora nouvelle version saura-t-elle faire oublier ses péchés de jeunesse ? Une question qui méritait un test complet.

Rappelons que l’appli originale se contentait d’enregistrer les clichés à la rachitique résolution de 768×768, tout juste suffisante pour une utilisation en ligne. L’interface, quant à elle, à trop vouloir sembler analogique ne faisait que synthétiser les défauts des deux mondes : la « complexité » d’un mécanisme et la froideur d’une interface tactile. Enfin, le traitement des clichés, permettant la surimpression, n’aidait pas à saisir parfaitement le potentiel de l’appli.
Lomora 2 se propose donc de simplifier l’ensemble, en revoyant l’intégralité de l’interface.

L'interface de Lomora

L'ancienne interface...

L'interface de Lomora 2

Et la nouvelle, plus fonctionnelle

Epurée, cette interface réduit les boutons et en explicite clairement la fonction : en bas se trouvent ainsi « Films » qui permet d’accéder aux 18 pellicules différentes, « Take photo » prend le cliché (et est à la limite insultant pour l’utilisateur…) et « Prints » donne accès à la pellicule interne de l’appli, sur un modèle directement inspiré par le maestro Hipstamatic. En effet, les clichés y sont présentés avec la pellicule utilisée, le paramètre de vignetage choisi, ainsi que le filtre et le flash choisis. Il est à noter, d’ailleurs, que ces deux derniers paramètres sont certainement bien cachés dans l’appli (et plus probablement prévu pour une intégration future), car toutes les photos en sont dépourvues.

La pellicule de Lomora 2

La pellicule détaille précisément chaque cliché

Qu’en est-il, alors, de la qualité des clichés ? Raisonnablement bonne dans des conditions d’éclairage suffisant : en intérieur, l’importance du traitement a tendance à boucher l’image si la luminosité est faible, alors qu’en extérieur, le bon ensoleillement permet de ne pas perdre trop de détails. Cela dit, Lomora 2 est d’inspiration « toy camera », façon, justement ToyCamera ou ClassicToy, et le but n’est pas d’obtenir des clichés d’une précision diabolique.

Un exemple de cliché de Lomora 2

Un exemple en intérieur, avec un éclairage suffisant

Reste, enfin, le problème de la résolution : résolu ! Les photos bénéficient de la taille maximale sur un iPhone (soit de 1536 pixels de côté et jusqu’à 2048 en hauteur sur un  iPhone 3GS). Le développeur, Marvin Lee, a donc entendu les récriminations parfaitement fondées qui lui ont été adressées, et l’on ne peut que saluer le travail effectué ici, en espérant que les filtres et flash seront proposés rapidement. En l’état, Lomora 2 se montre efficace et amusant, mais pâtit toujours d’un prix assez élevé (2,39€), certes moindre que celui d’Hipstamatic (auquel il faut ajouter tous les packs de pellicule, objectifs et flash) mais il ne joue pas dans le même cours non plus…

En quelques mots : partant de bien bas, Lomora corrige le tir de façon efficace et parvient à se montrer convaincante. Reste que la concurrence est rude et qu’elle n’est guère le meilleur choix face à Hipstamatic ou ClassicToy.

Lien sur l’App Store : Lomora 2

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