PhotoForge 2Alors que PhotoForge a longtemps été l’une des meilleures applis de retouche sur iPhone, aux côtés de Photogene et Filterstorm, PhotoForge 2 semble bien décidé à prendre nettement la tête du classement en alliant ergonomie, puissance et esthétique comme on ne l’avait encore jamais vu sur un iDevice.

Sacré test que celui de PhotoForge, tant cette appli regorge de fonctions nécessitant que l’on s’y plonge en profondeur !

Dès l’ouverture, PhotoForge 2 nous invite à charger une nouvelle photo à traiter, ou à reprendre une cession précédente, automatiquement sauvegardée et présentée sous forme de vignette. L’interface, très classique, est de bon augure pour la suite… C’est donc parti pour une visite de l’appli.

PhotoForge 2

Une fois la photo sélectionnée, elle s’affiche en quasi plein écran, surmontant la barre des outils. Si l’on peut naviguer dans l’image de façon traditionnelle, on peut également passer en mode taille réelle d’une simple double tape (zoom centré sur le point tapé), ce qui se révèle très pratique pour vérifier l’effet de chaque outil. Cela dit, on peut zoomer bien plus, et bien plus que la plupart des autres applis, faut-il le préciser ! On peut ainsi voir en gros plan chaque pixel composant l’image…

Tout commence avec le menu des « réglages », accessible à l’aide de la première icône, en bas à gauche. On y trouve 13 catégories : niveaux, luminosité/contraste, teinte/saturation/luminosité, exposition, réduction de bruit, intensité, vibrance (une saturation sans écrêtage, nouvelle venue de Photoshop CS4 soit dit en passant…), netteté optimisée (unsharp mask), accentuation, tons foncés/tons clairs, température des couleurs (White balance), ajustements automatiques (balance des blancs, exposition et balance luminosité/contraste), mélangeur de couches et les courbes. Une belle palette d’outils, comme on peut le voir !

Le premier réglage concerne donc les niveaux : RVB, CMJN ou LAB. On peut y corriger de façon très fine le niveau de chacune des composantes, que ce soit dans la représentation rouge, vert et bleu, cyan, magenta, jaune et noir ou encore luminance et chrominance. Chaque modification est immédiatement répercutée sur l’image, dès que l’on a levé le doigt de l’écran tactile. En tapant l’icône en haut à droite de l’écran, on peut masquer la palette d’outils, afin d’avoir un aperçu plus clair de l’effet produit. A noter qu’il est tout à fait possible de naviguer dans l’image en cours de réglage. On note cependant quelques problèmes de réaction des curseurs : il faut vraiment les manier délicatement du bout des doigts. Avec un peu de pratique, tout rentre cependant dans l’ordre.

Poursuivons avec un autre outil important qu’est le réducteur de bruit. On est heureux de constater qu’il n’offre pas un seul mode de travail, mais deux : bruit de luminance, et bruit de chrominance, qui sont complémentaires. Le bruit de luminance est le plus classique, correspondant au « grain » produit par le capteur de l’iPhone comme de tout appareil numérique. Un réglage de l’ordre de 20% permet généralement d’adoucir l’image dans pour autant perdre trop de détails.

Le bruit de chrominance, quant à lui, s’attaque à ce bruit produit lorsque les conditions de lumière sont mauvaises. L’effet est radical sur des images tests, cependant, sur les clichés produits sur l’iPhone, ce type de bruit n’apparaît quasiment pas, et le filtre ne peut corriger ce qui n’est pas défaillant : plutôt que de produire des points rouges et bleus, typiques du bruit de chrominance, l’appareil de l’iPhone génère un bruit de luminance et des zones d’aberration chromatique plus diffuse. Il ne faut donc pas s’étonner s’il ne donne pas de résultat probant !


Tout comme les niveaux, les courbes permettent de travailler sur les trois espaces colorimétriques. Le plus accessible reste bien entendu le RVB, une courbe en S (comme sur la photo) permettant d’accentuer les contrastes. On pourra également travailler sur chacune des composantes pour mettre en valeur certaines teintes sur une photo. Ici, pour faire ressortir le vert de la nature, on pourra légèrement réduire les rouges…

Avant de poursuivre, on remarquera en bas à droite l’icône en forme de chronomètre qui permet d’accéder à l’historique des modifications sous forme de vignettes, version améliorée de celui de Filterstorm, très pratique et ergonomique. On retrouve d’ailleurs au-dessus de chaque vignette le nom de l’outil correspondant. A noter, enfin, que chaque session est enregistrée avec son historique…

Poursuivons avec l’autre point fort de PhotoForge 2 : les filtres. On en trouve 18, plus un spécial, baptisé Pop! Cam dont nous parlerons plus loin tant il est particulier.

On trouve des filtres des plus classiques, comme le noir et blanc (réglage du contraste), le sépia, le gaufrage (emboss), le négatif, le flou  et flou radial (avec deux composantes, rotation et zoom et trois qualités, comme Photoshop), mais d’autres plus complexes ou originaux.

On a en réellement l’impression d’être chez Adobe quand on se penche sur les autres effets : cristallisation, postérisation, pointillisme, impressionnisme, nuage, ajout de bruit, tourbillon, coordonnées polaires (filtre qui sera bientôt amélioré pour permettre d’obtenir plus facilement un effet « TinyPlanet » à la mode ces derniers temps)… On trouve aussi des filtres plus extrêmes comme « Sin City », « Night Vision », ou « 3D effect ».

« Pour 1,59€ supplémentaire, on s’offre un vrai labo photo dans l’esprit de Swankolab »

Si l’on est prêt à débourser 1,59€ supplémentaire via un achat intégré, on pourra s’offrir un laboratoire de développement virtuel proche de l’esprit de Swankolab, avec ses formules chimiques et ses papiers, mais également ses pellicules, ses objectifs, ses filtres colorés, ses flashes et ses bordures… En effet, Pop! Cam est une véritable appli dans l’appli, comme si l’on avait intégré Hipstamatic et Swankolab dans PhotoForge, et l’image n’est en rien exagérée tant Pop! Cam s’avère riche.

Photo Forge 2

On peut choisir parmi 10 pellicules différentes pour autant d’effets colorimétriques jouant sur la saturation, la teinte et les contrastes. La partie objectifs n’est pas en reste, avec 14 modèles ajoutant du vignettage, de la diffusion, un effet fish-eye ou kaléidoscopique, diverses fuites de lumière et coloration. On peut y ajouter une coloration à l’aide de l’un des 8 filtres et des 9 flashes.

On pourra également essayer différents bains : 2 cross process, bleach bypass, sépia, et push et pull process. On apprécie tout particulièrement Cross Process 1, WashedOut et Push Film, qui donnent de très bons résultats.

PhotoForge 2

On pourra enfin habiller et ajouter de la texture à sa photo en l’habillant de l’une des 12 bordures proposées (toutes très réussies et photographiques, une excellente surprise) ou en la couchant sur l’un des 10 modèles de papier intégrés, qui jouent sur la texture (de façon discrète, loin des effets de pliages exagérés), mais surtout sur la colorimétrie (saturation/température).

PhotoForge 2

L’ensemble suivant de fonctions est celui des outils : recadrage, bordures (8 parmi les 12 de Pop! Cam), 11 textures (avec paramètres de rotation et de transparence ainsi que de mode de fusion, une excellente idée qui fait défaut à la plupart des applis du genre), et pour finir redimensionnement. Ce dernier point a le défaut de ne permettre que de réduire la taille originale, en n’offrant pas de rééchantillonnage bicubique à la Photoshop. Un vrai manque, par rapport notamment à Iris Photo Studio qui propose cela depuis bien longtemps avec un résultat très convaincant, qui plus est.

« PhotoForge 2 gère les calques et les masques de fusion »

PhotoForge 2

On aura noté, sur les précédentes captures d’écran, une icône dans la barre supérieure : elle permet d’afficher uniquement le calque en cours ou l’ensemble des calques inférieurs. Car, vous l’aurez compris, PhotoForge 2 gère également les calques !

En tapant sur l’un des calques, on ouvre un menu contextuel permettant de masquer/afficher le calque, de le supprimer, de le copier, de le fusionner avec le calque inférieur, d’ajouter un masque de fusion,

PhotoForge 2

On est tout d’abord quelque peu dérouté par la gestion du masque de fusion, en ne trouvant pas d’outil d’annulation de la dernière opération, ni de bouton pour basculer entre dessin et gomme. Puis on comprend rapidement que tout fonctionne à partir du curseur « Brush Color », qui permet de déterminer la couleur de dessin et d’effacement (noir ou blanc), mais également de transparence à l’aide de toute la gamme de gris entre les deux ! Avec de la pratique, on découvre alors la richesse de cet outil. On aurait cependant aimé disposer d’un crayon au contour progressif plutôt que d’un troisième curseur déterminant la pression…

On remarque également très vite l’absence d’un gradient permettant de fusionner progressivement deux calques, fonction que propose Filterstorm sur ses filtres (option « Apply with mask ») et qui permet, par exemple de créer un flou progressif en toute simplicité…

De plus, la fluidité est discutable sur iPhone 3GS (problème que l’on ne rencontre pas avec Filterstorm ou BlurFx, par exemple). Voilà donc une partie de l’appli qui nécessitera quelques correctifs à l’avenir.

PhotoForge 2

On peut également accéder à une gestion du calque : translation, rotation et redimensionnement sont au programme, à l’aide des habituels gestes à deux doigts. La bonne idée ici est d’avoir ajouté trois boutons pour activer ou désactiver ces transformations : on peut ainsi faire tourner l’image sans risquer de changer sa taille, etc. Très bien vu. De la sorte, on disposer d’un « Image Blender » intégré et d’une puissance vraiment impressionnante, surtout avec 17 modes de fusion proposés !

En résumé, PhotoForge 2 est un couteau suisse de la retouche, intégrant PhotoForge, Swankolab, Tiny Planet et Image Blender. Un sacré tour de force de la part de GhostBird.

En quelques mots : malgré quelques petits manques, PhotoForge est sans conteste l’outil de retouche le plus abouti de l’App Store, alliant en son sein de nombreuses fonctions incontournables et une ergonomie sans faille pour un prix somme toute raisonnable.

Mise à jour du 14/06/2011 : La version 2.0.2 ajoute de nouvelles fonctions (colorisation, balance des couleurs…) et en améliore d’autres (recadrage).

Mise à jour du 01/07/2011 : La version 2.1 améliore l’ergonomie, notamment celle de l’outil de recadrage, des niveaux et de l’outil de masque, ainsi que la gestion des différents menus.

Appli supprimée de l’App Store après le rachat de GhostBird par Yahoo!