SynthCamDéveloppée par Marc Levoy, professeur à l’université de Stanford, SynthCam propose de simuler la profondeur de champ d’un appareil photo de type SLR. Autant dire qu’avec un tel pedigree, cette appli semble inattaquable. Hélas, si les prémisses sont alléchantes, la mise en pratique n’est pas totalement convaincante.

L’ouverture de l’iPhone étant fixe, elle offre une image globalement nette, sauf dans certaines circonstances, lorsque, par exemple, on fait le point sur un objet très proche de l’objectif. Quoi qu’il en soit, généralement, les clichés manquent de profondeur du fait de cette absence de flou.

SynthCam

Une interface minimaliste, et un repère au centre indiquant la zone pouvant être balayée

L’approche adoptée par SynthCam consiste à utiliser une vidéo du sujet prise alors que l’on déplace légèrement l’iPhone sur les axes horizontaux et verticaux, sans l’incliner ni lui faire décrire un panoramique. En fusionnant les images ainsi obtenues, on obtient un sujet net et un arrière-plan plus ou moins flou.

Pour cela, l’appli propose une interface minimaliste : un bouton situé en bas de l’écran permet de lancer l’enregistrement et de l’arrêter, une poubelle dans le coin inférieur gauche élimine la photo en cours et, à droite, on accède à la sauvegarde du cliché et aux options de l’appli, des plus restreintes d’ailleurs. Cela dit, il vaudra mieux s’y rendre vite pour désactiver les deux options « Show bokeh as inset » et « Save bokeh in file », car dans le cas contraire, on verra un carré noir avec une nuée de points blancs du plus mauvais effet en bas de sa photo…

Lors de la prise de vue, un cercle orangé apparait, indiquant la zone à balayer, un rectangle jaune symbolisant la zone nette. Une myriade de petits points rouge se dessine dans le cercle orange, et plus on met de points, plus le flou sera réussi.

SynthCam

a gauche, le cliché de l’iPhone (réduit) et à droite, un exemple de flou généré par SynthCam

En pratique, quels résultats donne SynthCam ? La réponse est doublement mitigée. Pour commencer, le principal point noir de l’application est sa faible résolution, limitée à celle de la vidéo sur iPhone, soit 640×480 sur un 3GS et 960×720 sur iPhone 4. Ce « détail » mis à part, qu’en est-il du rendu final ? Il faut bien admettre que la simulation de faible profondeur de champ est bien là, mais qu’elle trahit malgré tout son origine « artificielle » et souffre d’une certaine lourdeur d’utilisation : plus on souhaite obtenir du flou, plus le traitement est long, de l’ordre d’une quinzaine ou d’une vingtaine de secondes. De plus, si l’on « n’expose » pas suffisamment longtemps son sujet, l’arrière-plan se compose alors d’un assemblage d’images mal alignées (ce qu’il est en réalité !), le manque de matière interdisant de créer un flou… Bref, il faut savoir se montrer patient ! Autre limitation de l’appli, son incapacité à utiliser réellement la fonction « Touch to focus », puisque si la mise au point se fait bien sur le carré indiqué, le réglage de l’exposition est indépendant de ce choix…

SynthCam

L’importance des mouvements influe sur l’intensité du flou généré à l’arrière-plan

Pour régler l’intensité du flou, il suffira de modifier l’ampleur des déplacements. En effet, le cercle orange n’est qu’un indicateur de limites à ne pas dépasser, le reste étant laissé à l’appréciation de l’utilisateur. Comme on le voit sur les clichés ci-dessus, on peut donc choisir un flou limité (photo de gauche) en réduisant ses déplacements, ou opter pour un effet plus important, en recouvrant toute la zone centrale de points rouges. Cela dit, même avec des mouvements limités, le flou obtenu est très notable, et l’on a du mal à obtenir un résultat équivalent à celui d’un appareil de type SLR.

SynthCam

On peut choisir de rendre flou l’arrière-plan ou l’avant-plan, selon son choix de mise au point

Cela dit, SynthCam propose d’autres utilisations : la prise de photo dans de mauvaises conditions d’exposition, qui permet de générer moins de grain que l’appareil classique (mais la perte de résolution rend l’utilisation d’une appli dédiée à la réduction de bruit plus intéressante), et l’effacement des passants sur ses clichés (n’étant pas suffisamment longtemps « exposés », ils disparaissent du résultat final). En définitive, on obtiendra des résultats sans doute plus rapides à défaut d’être naturels ou parfaits avec des applis de flou traditionnelles

En quelques mots : prometteuse sur le papier, SynthCam peine à convaincre totalement en pratique, faute à une résolution trop faible d’abord, et à une utilisation trop spécifique de l’autre.

Mise  à jour du 15/03/2011 : L’appli passe à la version 2.0, et se dote d’une nouvelle fonction « multi-points » permettant de produire des clichés plus précis, notamment lorsque l’objet à photographier est de tailler importante. La technique permet également de reproduire un effet Tilt Shift et même de réduire le bruit généré par des conditions d’éclairages insuffisantes. Reste encore à corriger la résolution, ce qui ne sera pas une mince affaire…

Lien sur l’App Store : SynthCam (0,79€)

(c) icommephoto.com