Alors que le site spécialisé dans l’analyse du marché des applis Distimo vient de publier un rapport très complet sur le modèle économique de l’App Store, il annonce des résultats plus complexes qu’il n’y parait.

Répartition des revenus sur l'App Store

Les IAP représentent plus de 75% des revenus de l’App Store

En effet, si l’on se penche sur le graphique ci-dessus, il semble évident que le meilleur modèle économique est celui du « freemium », c’est-à-dire des applis gratuites qui contiennent des achats intégrés. Ce modèle est comparable à celui des sharewares, remontant à une époque lointainte où l’on installait des logiciels à partir de disquettes 3 pouces et demi… L’idée est d’offrir une version limitée mais fonctionnelle de l’appli, et de débloquer la version complète en échange d’un paiement réel. L’un des exemples récents dans notre domaine est l’excellente appli Repix, qui n’offre qu’un nombre d’outils limités dans sa version gratuite. Pour en revenir à l’analyse, on y apprend que 71% du chiffre d’affaire de l’App Store provient justement des achats intégrés proposés dans les applis gratuites, quand les applis payantes ne représentent que 24%. Les IAP des applis payantes, quant à eux, ne génèrent que 5%… La messe est dite, semble-t-il.

Répartition des ARPD

Pour les éditeurs, le modèle payant reste une valeur plus sure…

En réalité, pas tant que ça. En effet, du point de vue d’Apple, qui prélève une part de ces revenus, le modèle Freemium est donc parfait… En revanche, pour les développeurs, l’équation n’est pas aussi limpide. Il faut en effet rapporter le chiffre d’affaire généré au nombre d’applis téléchargées, pour obtenir ce que l’analyse appelle le revenu moyen par téléchargement (ARPD). Et là, on découvre une toute autre réalité. En effet, si l’ARPD d’une appli payante est en moyenne de 2,25$, celle d’une appli Freemium est de moins de 1$, soit le prix minimal d’un modèle payant. Bref, les éditeurs sont devant un choix assez difficile : tenter de séduire avec une appli gratuite payée à l’aide des achats intégrés, avec le risque de ne gagner qu’une poignée de centime par téléchargement, ou opter pour un prix fixe, au risque de ne pas générer beaucoup de téléchargements.

La solution semble être, cela dit, de développer une appli originale et intéressante, offrant un service certain. Pour reprendre l’exemple de Repix, l’appli a été téléchargée plus d’un million et demie de fois lors de sa semaine de lancement, preuve qu’elle a su faire parler d’elle grâce à un bon marketing viral et un contenu digne d’intérêt. Reste à savoir si elle saura séduire au point de générer des achats intégrés…